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“Passeurs d’Histoires” offre plusieurs services liés à l'écriture et à la communication. Tantôt écrivains privés pour les personnes souhaitant transmettre leur histoire ou leurs pensées, tantôt rédacteurs d'articles pour les blogs de nos clients, tantôt portes-étandards de la communication locale de petits commerces, nous mettons notre plume et notre expérience à votre service, en fonction de vos besoins.

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vendredi 6 novembre 2015

Inspiration : faire de son rêve d'enfant un métier

Chaque histoire personnelle et professionnelle est unique. Nous avons tous en nous des capacités incroyables pour créer et innover. Le plus important est d'y croire, puis de se lancer. Voici l'exemple de Lou Ripoll, créatrice de mode pour la marque parisienne Bleu Tango qu'elle a créée en septembre 2013. Cet article à écrit pour le blogue d’affaire, Mots d’Elles, créé par Déborah Cherenfant, pour valoriser les modèles de réussite féminine en affaires.

Des nuages réconfortants, des comètes mélodieuses, des poissons rouges zen, la créatrice de mode Lou Ripoll sait nous faire voyager dans des univers poétiques et colorés. Désirant devenir styliste depuis sa plus tendre enfance, Lou réalise son rêve en juin 2013 en lançant sa marque de vêtements Bleu Tango.Nos chemins se sont croisés en septembre 2013 alors qu’elle venait tout juste d’ouvrir sa première boutique à Paris. Dès notre première rencontre j’ai été charmée par sa douceur et sa joie de vivre. Dans cette interview, Lou nous raconte son parcours et nous partage quelques conseils pour transformer un rêve d’enfant en une réalité.

Comment as-tu lancé ton entreprise ?

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours voulu être styliste. Ma marraine, elle-même styliste pour une boutique de vêtements pour enfants à Paris, était un véritable modèle pour moi. En grandissant, cet intérêt n’a fait que se renforcer et, lorsqu’il fallut débuter des études supérieures, c’est tout naturellement que je me suis orientée vers une formation en art textile à Paris. J’ai ensuite mis en pratique ces connaissances dans une petite maison de couture où j’ai pu gérer toutes les étapes de création d’un vêtement : les dessins, les patronages, la relation avec les fournisseurs, la production, l’achat des matières, la commercialisation, les salons, les bons de commandes. Au bout d’un an, après avoir dépensé énormément d’énergie et de passion pour cette marque, je me suis dit qu’il serait encore plus gratifiant et passionnant de le faire pour mes propres créations. Alors j’ai tenté ma chance et j’ai quitté l’entreprise.

Tout se passa très vite par la suite. En un mois, j’ai fait tout ce que je voulais faire depuis toujours : des imprimés. Je me suis installée à ma table de travail, je me suis dit “bon, on sort les motifs” et les motifs sont sortis tout seul de ma tête, comme ça. J’ai ensuite fait les patronages, je suis allée voir les imprimeurs et façonniers dont je connaissais déjà la qualité, et dés que j’ai obtenu leur accord, je me suis dit “maintenant il faut créer l’entreprise”. Et Bleu Tango vit le jour. Avec l’aide financière de mes proches, j’ai ensuite envoyé les tissus à imprimer en juillet et j’ai cherché un local pour installer la boutique.

Pas un instant je n’ai pensé que cela ne pourrait pas fonctionner. Je me sentais légère et confiante, ce qui n’était pas le cas de ma famille. “Pourquoi vas-tu te mettre là dedans” entendais-je souvent. Moi je me disais : “Au pire, je trouverais un autre travail dans une entreprise”. Semaines après semaines, j’ai tenu bon, jusqu’à finalement ouvrir la boutique en septembre 2013. Au début, les premières clientes venaient du réseau, ensuite, les amies du réseau sont venues, ajoutées aux passantes dans la rue, puis, grâce au bouche à oreille, Bleu Tango a continué ainsi à exister. Nous nous développons doucement, à l’échelle artisanale et cela me convient.

Quels conseils donnerais-tu aux futures entrepreneuses ?

1/ OSER

Il est essentiel d’oser faire ce que l’on aime, d’oser s’épanouir dans son métier, pour ne pas dépérir comme une petite fleur dans un travail qui nous ennuie. La vie est courte et il serait bien de profiter du temps qui nous est offert. Bien sûr, créer son entreprise représente beaucoup d’heures de travail, parfois des montagnes russes d’émotions, mais l’épanouissement et l’adrénaline ressentis quand on réalise notre rêve, en valent sincèrement le détour.

Souvent, la vraie difficulté se situe en nous à travers toutes nos peurs et angoisses qui nous empêchent d’avancer. Il fautapprendre à gérer ses émotions au quotidien et avoir confiance en l’avenir. Pour certains, cela prend parfois plus d’énergie que pour d’autres mais nous avons tous les capacités en nous. Au final, tu vis le quotidien que tu as choisi et tu apprends plein de choses sur toi ! L’image « Expectations vs Reality » est d’ailleurs une grande source d’inspiration pour moi !

2/ SE FAIRE CONFIANCE

Les meilleures idées sont souvent les plus simples. Il ne faut pas forcer. Lorsque j’ai créé l’entreprise, je me suis fais confiance, j’ai suivi mon intuition et j’ai avancé étape par étape. Je fonctionne de la même manière pour créer des motifs. Jamais je ne me pose la question “Quelle sera la tendance cette année ?”. Je m’installe juste à ma table de travail et je fais appel à toutes les petites images que j’emmagasine chaque jour dans les tiroirs de mon cerveau – des détails de la rue, des images dans des magazines, des blogues, des expositions, des intuitions soudaines – et je les ordonne ou les mélange pour créer un motif. Des fois, cela marche tout de suite, d’autres fois, je ressens qu’il manque quelques chose alors je le mets de côté et je le reprends quelques semaines ou mois plus tard. Je change alors totalement de perspective et le résultat est encore meilleur que je ne l’aurais imaginé !

3/ AVOIR UNE STRATÉGIE COHÉRENTE

Même si la confiance en soi reste essentielle pour se lancer en entreprise, il me semble impératif de réfléchir à son positionnement et à ses méthodes de distribution au préalable. Ces conseils ne sont pas seulement issus d’une stratégie marketing, il s’agit aussi de bon sens selon moi. Si tu fais des vêtements chers adaptés à des modèles jeunes, ou que tu vends des produits bas de gamme dans un quartier chic, à priori, ça ne va pas marcher. Cohérence est le mot clé. Et ces conseils s’adaptent à tous les types d’entreprise.
De mon côté, même si je me suis laissée guider par mon intuition en créant l’entreprise,  je dois avouer que j’ai eu beaucoup de chance de tomber sur les bons positionnement et distribution tout de suite. En effet, l’école ne nous avait pas appris pas à penser à ces choses là. Si je n’avais pas vendu durant le premier mois, j’aurais vraiment eu des problèmes ; mais en même temps, ma légèreté et ma foi en l’avenir m’ont permise d’aller jusqu’au bout et me permettent encore aujourd’hui de vivre de ma passion. Je crois que nous créons nos propres opportunités, et j’ai tout simplement saisi les miennes !

4/ ÊTRE OPTIMISME

J’ai toujours été une personne optimiste. Je me réveille toujours de bonne humeur, prête à soulever des montagnes. Pour moi, chaque matin est une nouvelle chance, une nouvelle opportunité de créer et de rencontrer de nouvelles personnes. Et effectivement, la vie me réserve chaque jour de magnifiques surprises et rencontres !

En créant Bleu Tango, je pensais que créer des vêtements à mon goût me remplirait de bonheur. Ça reste très agréable mais finalement, ce qui fait le sel de mes journées, ce sont toutes les personnes formidables que je rencontre tout le long : des fournisseurs, des stagiaires, des clientes, les gens du quartier. J’adore cela !

Il y a d’ailleurs une phrase de Confucius que j’aime beaucoup : « Le bonheur ne se trouve pas au sommet de la montagne, mais dans la façon de la gravir. »

5/ ÊTRE AUTHENTIQUE ET GÉNÉREUSE

Dés qu’une personne rentre dans la boutique, je lui dis bonjour en lui disant vraiment bonjour. Pour moi, il est essentiel d’être vraiment là pour rencontrer des gens et pour défendre ton point de vue sur la mode et sur ce que tu lui proposes. C’est parfois de l’endurance de mettre la même énergie dans chaque rencontre, mais le retour des gens est toujours très gratifiant ! En effet, le bouche à oreille est mon principal outil de communication.
Notre clientèle a entre 20 et 80 ans, alors j’adapte ma communication en fonction des âges de chacune. Nous sommes évidemment présents sur Facebook/ Instagram / Twitter, et nous avons créé un blogue où nous essayons de montrer une marque simple et accessible en montrant les coulisses de Bleu Tango. Pour les clientes de 50 ans et plus, c’est essentiellement le bouche à oreille qui fait connaitre la marque. Je viens d’ailleurs de lancer une carte de fidélité offrant un foulard pour remercier les clients qui réfèrent leurs amies.

6/ TROUVER DES MENTORS ET S’ENTOURER DE PERSONNES GÉNÉREUSES

Lorsque l’on se lance dans l’entrepreneuriat, il me semble essentiel d’échanger avec une ou plusieurs personnes qui vivent exactement ce que tu vis, ou qui l’ont vécu. Cela permet de recevoir des conseils sur lesquels tu peux t’appuyer pour prendre des décisions. Ce ne doit pas être forcément des gens pour qui tu admires le travail, mais plutôt des gens qui ontune personnalité ou un style de vie que tu admires. Après, je ne vais pas m’adresser à la même personne pour des conseils sur mes motifs que sur la réussite de mon entreprise. Je vais prendre un peu de chaque personne qui réussit bien ça. 

S’entourer de personnes qui te donnent autant que tu leur donnes est également très important. Il ne s’agit pas de générosité financière, mais plutôt une générosité au niveau de leur écoute, de leur disponibilité, des conseils qu’ils t’offrent, de leur énergie aussi. En fin de compte, il faut de la générosité des deux côtés !

Quels sont tes projets pour la suite?

Bleu Tango a fêté ses deux ans cette année et l’avenir continue à être florissant. Nous avons notre boutique, notre site de vente en ligne et trois sites en ligne qui vendent nos produits en dehors. À partir de l’été prochain, nous seront également vendus au Japon et en Belgique dans des magasins multimarques. Mon objectif serait de rester une entreprise à l’échelle artisanale avec un maximum de 10 employés polyvalentes comme moi : à savoir stylistes, modelistes, designer textiles et et vendeuses. En effet, assister au essayage permet de devenir une meilleure styliste selon moi. Je ne veux pas faire de course au résultat, ni devenir une chef d’entreprise avec 30 employés ou plus. Je souhaite seulement être une artisan, une créative, et continuer à faire mon métier avec bonheur.

Une dernière phrase à partager ?

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » (René Char, Les Matinaux.)

Où Trouver la boutique ?
Bleu Tango – 47 Rue d’Orsel, 75018 Paris, France
http://bleutango.fr/ – Facebook
Crédit de la photo de Lou : Miriam Givon

jeudi 3 septembre 2015

Inspiration : l'optimisme selon Margaux Nadeau

Voici un texte que j'ai écrit suite à ma rencontre avec Margaux Nadeau, restauratrice de meubles à Montréal. Il s'agit d'un texte qui me touche particulièrement puisque Margaux nous parle de sa vie, ses inspirations et surtout, ses conseils pour réussir dans la vie. Cet article à été écrit pour le blogue d’affaire, Mots d’Elles, créé par Déborah Cherenfant, pour valoriser les modèles de réussite féminine en affaires. 

Margaux est restauratrice de meubles à Montréal depuis 2013 sous le nom d’entreprise “Aux meubles de Margaux”. Lorsque nos chemins se sont croisés il y a à peine à un an, j’ai tout de suite été séduite par son optimisme et sa joie de vivre. À l’origine diplômée en philosophie et en développement durable, les opportunités et rencontres l’ont peu à peu orientée vers la restauration de meubles. Aujourd’hui, sa passion est devenue son travail à temps plein. Dans cette interview, Margaux nous partage son parcours et quelques secrets pour réussir sa vie entrepreneuriale.


Comment as-tu trouvé ta vocation dans la restauration de meubles?

Un jour en 2008, au détour d’une rue montréalaise, je suis tombée nez à nez avec un vaisselier à 9 tiroirs. Une inspiration soudaine m’a poussée à le ramener chez nous. Mon conjoint et moi venions d’emménager dans un grand appartement qui avait besoin d‘être meublé. J’ai commencé à le peindre sans trop savoir ce que je faisais, en ne respectant aucune méthode, mais j’ai adoré l’expérience. Ma curiosité était éveillée, je souhaitais en savoir plus.

J’ai commencé à me former en autodidacte en regardant des vidéos Youtube et lisant des articles ; puis je suis repartie à nouveau en vadrouille dans les rues montréalaises, à la recherche d’autres trésors à restaurer. De fil en aiguille, j’ai meublé tout l’appartement. Après quelques mois, j’avais développé un certain savoir-faire et mes amis et ma famille se sont mis à me faire des commandes. A cette période, j’étais également en recherche intensive d’un emploi, sans aucune réponse positive en retour.

Finalement en 2013, mon conjoint et moi avons déménagé dans un duplex, avec un atelier au sous-sol. J’ai saisi l’opportunité et ai lancé “Aux meubles de Margaux”. Tout se passe très vite par la suite. Sur les conseils d’une amie, j’ai lancé une page Facebook qui, grâce à la solidarité de mes amis, comptait déjà 300 personnes le deuxième jour. Le bouche à oreille a fait le reste et m’a permis de me faire connaitre en dehors de mon réseau. Parmi les personnes qui me contactèrent, une fille était blogueuse sur le siteLes Zurbaines. Elle aima tellement ma façon de travailler qu’elle décida d’écrire un bel article sur le blogue. Cet article me permit de me faire connaitre auprès de la créatrice du blogue Déconome, qui me demanda de réaliser des tutoriels sur la restauration de meubles. À chaque nouveau tutoriel publié, ma communauté grandissait. Grâce à cette collaboration, une rechercheuse du journal La Presse me contacta par la suite pour réaliser une interview. Depuis la publication de ce dernier article, le trafic sur mon site est resté élevé et mon carnet de commande se remplit mois après mois.

Quels conseils donnerais-tu aux futures entrepreneuses ?

1/ Rester optimiste et s’amuser dans son travail

Lorsque je me réveille le matin, je m’étire et je me dis « C’est un jour nouveau, la vie est belle. » C’est important de commencer la journée de façon positive et optimiste. J’aime prendre du temps pour me recentrer sur moi-même, notamment le matin et le soir. Je ne pense pas que ce soit spirituel, mais tout au long de la journée, je me dis « Tout est possible, je suis capable de faire ça. » Et effectivement, je me surprends souvent moi-même. Je crois que lorsque tu demandes quelque chose, cela fonctionne. Il faut juste savoir où tu veux aller, être patient et après ça, être généreux avec les autres.

J’ai grandi avec l’idée que « tu travailles fort et après le plaisir ». Finalement, l’expérience m’a prouvée qu’une combinaison était possible. Il est important de s’amuser dans ce que l’on fait, car cela se ressent dans le résultat final. Pour moi, la restauration de meubles n’est pas seulement un travail, c’est aussi une passion.  Lorsque l’on met tellement d’application, d’amour et de concentration dans un projet, c’est comme si on lui donnait une âme. D’ailleurs, j’ai pris l’habitude de donner un prénom et une personnalité à chacun des meubles restaurés.

2/ Oser et se faire confiance

Lorsque j’ai une idée en tête, je me lance et je fais des tests. Par exemple, je veux faire un meuble en noir et blanc, et au final, il devient turquoise. Je n’essaye pas de faire des plans, je me fais confiance.
Bien sûr, cela ne fonctionne pas toujours. Au début, j’enrageais, je perdais patience et je me disais que tout était perdu. Il m’est arrivé de vouloir jeter mes débuts de création. Finalement, j’ai appris avec l’expérience que lorsque cela bloque, il faut arrêter, prendre du recul, en allant se promener par exemple. C’est souvent dans ces moments là qu’une nouvelle idée arrive, me forçant à emprunter un chemin auquel je n’avais pas du tout penser auparavant.

Il ne faut pas avoir peur des émotions négatives parce que selon moi, pour arriver à quelque chose de beau, il faut parfois toucher le fond, pour mieux rebondir. Les bonnes idées sont toujours des solutions à un problème. Et en rétrospectives, ces projets ont toujours été mes plus réussis ! Être prêt à l’imprévisibilité est essentielle dans les créations.

3/ Communiquer sur les réseaux sociaux de manière authentique

Je crois beaucoup dans les médias sociaux. Ma clé, c’est ma page Facebook en ce moment. Le secret est de toujours rester authentique et vraie. J’écris sur ma page comme si je parlais à des amis. Je ne regarde jamais ce que les autres font et je n’ai pas peur d’être un peu bizarre. Par exemple, j’aime partager les drôles d’idées qui me passent par la tête lorsque je me réveille le matin. Ça surprend les gens et c’est 100% moi !

Je ne cherche pas non plus à publier du contenu qui va plaire à des centaines de personnes. J’ai appris que le nombre de « j’aime » ne veut rien plus dire sur Facebook. Pour moi, il vaut mieux avoir une seule personne qui a un grand coup de foudre car le meuble est parfait pour chez elle, qu’une centaine de personnes qui l’aiment bien mais sans plus. Cela implique par conséquent d’être patient : ce n’est pas parce que tu as fait quelque chose qui ne se vend pas dans la semaine qu’il n’est pas beau, ou que ce n’est pas bien ce que tu as fait. Il suffit juste d’une personne ! « À chacun sa chacune » comme le dit si bien le film néo-zélandais.

4/ Être entourée

Même si je suis une personne solitaire, j’aime être entourée par des gens. On passe tous par des doutes ou des questionnements et il est toujours agréable de recevoir l’avis immédiat de quelqu’un. Parfois, c’est difficile de prendre toutes les décisions seule. Mon conjoint, ma famille et mes amis sont très présents. Depuis le début de mon entreprise, ma mère travaille régulièrement avec moi. Quand elle est là, tout va mieux, c’est fou. Déjà, tout va deux fois plus vite, et ensuite c’est plus amusant d’être à deux.

D’ailleurs, si un jour j’ai besoin de plus d’aide, je me suis toujours dit que j’aimerais collaborer avec des personnes à la retraite, comme je le fais depuis le début avec ma mère. Je recherche des personnes qui en savent plus que moi dans certains domaines, et qui seraient motivées à se joindre à l’aventure des objets rénovés. Peu importe leur diplôme, je ne veux pas forcément des ébénistes, mais plutôt des personnes de tous les milieux qui me partageraient leur histoire de vie et leur savoir-faire. Par exemple des comptables, des policiers scientifiques… Cela ajoute toujours des angles intéressants.
L’idée me vient du développement durable avec notamment le côté social des projets inter générationnels. J’aimerais beaucoup créer des binômes. « À deux, c’est mieux ! »

As-tu des projets pour l’avenir ?

Maintenant que j’ai travaillé dur toute seule, j’aimerais beaucoup avoir un espace à partager avec d’autres personnes. Dans ma tête, j’imagine réunir des artistes de tous les milieux, tels que des gens qui font de la musique, qui chantent, qui font des gâteaux. Il s’agit vraiment de rassembler des gens complémentaires. Ainsi, au lieu d’avoir un meuble tout seul contre un meuble, nous aurions un meuble avec une photo, une ambiance, des accessoires. Cet espace offrirait plein de petits coins habités.

Une dernière pensée à partager ?

Quand j’étais petite, ma mère me disait toujours « Amusez-vous avec des choses qui ne coûtent rien. »Cette phrase m’a beaucoup marquée. Aujourd’hui, quand j’entends quelqu’un me dire « Je m’ennuie », j’ai la réflexion que cette personne est responsable de son état, à travers sa façon de voir le monde. Car au final, tout le monde peut s’amuser, même sans rien. Le bonheur ne s’achète pas, il faut juste vivre chaque moment intensément !

« Enjoy the ride ! »




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jeudi 21 mai 2015

Flower Power : biographie d'une immigrante hollandaise

Je vous dévoile aujourd'hui le début d'une biographie sur laquelle je travaille. Il s'agit d'une femme hollandaise ayant immigré à Montréal il y a bientôt 50 ans. Les noms ont été changés dans un souci de confidentialité.
Bonne lecture ! 



Il y a des rencontres qui changent le cours d’une vie. La mienne eut lieu un beau jour de mai, à la Pentecôte, dans une des plus belles villes du monde, Paris. Accompagnée d’Ana, une amie d’école, nous avions décidé de franchir la frontière hollandaise pour passer une fin de semaine prolongée dans la capitale française. Nous avions à peine 22 ans, je commençais tout juste un travail à La Haye, le monde nous appartenait.

Je m’en rappelle comme si c’était hier. Avec notre sac sur le dos, nous avions pris le train pour Paris puis rejoint un hôtel bon marché dans le quartier latin. Aujourd’hui, un voyage similaire peut sembler anodin, mais à notre époque, c’était une étape dans notre vie.

Sitôt les bagages délaissés dans notre chambre, nous sommes parties à la découverte de Paris pour nous enivrer de l’art de vivre à la française. Qui dit balade parisienne, dit aussi pause café à toute heure de la journée ; nous nous sommes alors attablées à un café sur le Boulevard Saint-Germain. Jean était assis à une table voisine avec un ami. Son teint d’ébène hérité de ses origines guyanaises ne laissait personne indifférent, surtout pas moi. A cette époque, il s’apprêtait à entrer dans la trentaine, et il dégageait déjà une assurance et un charme qui incitaient à le suivre n’importe où. Il s’est tourné vers nous, s’est levé, et en toute simplicité, est venu débuter une conversation. Il nous a suggéré de l’accompagner avec son ami à un ballet le soir-même puis de sortir par la suite. Ce que nous avons accepté. Nous sommes donc allés voir le ballet puis nous avons continué la soirée à l’Escale, un club de danse situé sur les bords de la Seine. Avec le recul, je réalise que ce club portait bien son nom. Car cette rencontre, aux allures innocentes au premier abord, symbolise aujourd’hui pour moi, le début de la fin d’une époque de ma vie.

Après quelques verres à l’Escale, Jean m’a dit qu’il connaissait une autre place pour poursuivre la soirée. J’ai laissé Ana avec l’autre ami et je suis sortie avec lui. Je me rappelle avoir commencé à monter des marches, beaucoup de marches. La présumée boite s'est avérée être sa chambre située au neuvième étage ! Jean occupait une petite chambre de bonne sur le boulevard Saint-Michel, pas très loin du jardin du Luxembourg, avec un lavabo au fond du couloir. Mon amie a dormi à l’hôtel, moi, je ne suis jamais rentrée. Je suis restée toute la nuit avec lui.

Encore sur un nuage après la nuit passée en sa compagnie, j’ai retrouvé mon amie Ana le lendemain midi dans un restaurant, mais cet état de béatitude ne dura pas longtemps. Lorsqu’il nous rejoignit plus tard dans la journée, il fut incapable de se souvenir de mon prénom. Tel une douche froide, le retour à la réalité fut instantané. Il me baptisa Flower Power, un surnom teinté de couleurs hippies, mais faisant surtout référence à mon manteau de pluie parsemé de fleurs. Ça l’a fait rire. Moi, ça m’a choqué. Son côté dragueur avec les filles m’avait déjà sauté aux yeux, mais à ce moment-là, j’ai eu la désagréable sensation de n’être qu’un objet pour lui. Et puis, j’ai relativisé. C’était juste une relation d’un soir, il n’y aurait pas de suite.

Lorsqu’il m’a demandé mon adresse au moment de se quitter, pas un instant je n’ai pensé qu’il l’utiliserait. De toute façon, Jean n’était pas vraiment le genre de personne pour qui l’on se dit « ok, là, je vais passer le reste de ma vie avec lui ». Pourtant, quelques semaines plus tard, il sonna à ma porte en Hollande. Et c’est ainsi que débuta notre histoire. Cette rencontre changea à jamais ma vie - pour le pire comme pour le meilleur - et m’a permis de devenir la femme que je suis devenue aujourd’hui.


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Source de l'image : Un Beau Jour

jeudi 9 avril 2015

Les grands regrets des personnes en fin de vie


La vie est un cadeau. Pourtant, nous oublions parfois d'en profiter. Nous nous laissons submerger par la routine, les responsabilités, nos émotions, et nous remettons à plus tard nos rêves, nos projets, et notre bonheur.

Le temps passe, et c'est parfois à l'aurore des derniers instants de notre vie que nous réalisons qu'elle s'est écoulée, sans que nous en ayons pleinement profité. Comme si l'approche de la fin nous donnait accès à une sagesse et une clarté sur la vie, nous permettant de nous détacher des préoccupations du quotidien et des enjeux matériel ou émotionnels qui prennent souvent toute la place dans nos esprits.

C'est sur ce constat qu'une infirmière australienne, sous l'initiative du travail de Bronnie Ware, s'est mise à recueillir les derniers mots, vœux et regrets de patients en fin de vie. Voici ceux qui m'ont le plus touchée personnellement, et qui m'ont encouragée à profiter davantage de la vie.


1/ Savoir que mon bonheur est un choix

Je pense que l'idée du bonheur avec un grand B, que l'on pose sur un piédestal, est utopiste. Pour moi, le bonheur est une accumulation de petits bonheurs qui font la beauté de la vie. Tout dépend du filtre posé sur les lunettes avec lesquelles nous regardons le monde. On peut voir la vie comme un cadeau, ou comme un combat de tous les jours. Tout est question de perception et de choix.

Vivre heureux est un choix. Même si cela implique de changer sa façon de vivre et de ne pas être compris de son entourage.
Soyez heureux, agissez dans le bonheur, sentez-vous heureux, sans aucune raison. Socrate

2/ Vivre ma vie comme je l'entendais, et non comme les autres voulaient qu'elle soit

Depuis notre plus jeune âge, on nous apprend le schéma "parfait" de la réussite sociale :

Etudes -> travail stable -> mariage -> enfants -> achat d'une maison et d'une voiture -> 3 semaines de vacances par an -> retraite pour "profiter" de son argent

Certes, ce schéma permet d'être "heureux" et de se construire une sécurité financière, mais il y a de multiples autres façons de s'épanouir dans la vie. En voici quelques unes :
S'écouter, oser prendre des risques, croire en soi, trébucher mais se relever, apprendre, poursuivre son chemin avec le sourire.


3/ Suivre mes rêves

Certains rêves nous semblent irréalisables par rapport à leurs difficultés et aux changements que cela impliquerait pour les réaliser. Pourtant, les efforts nécessaires que l'on pourrait vivre pour s'en approcher sont incomparables avec le poids du regret qui nous pèsera toute notre vie.

De plus, lorsqu'on regarde en détail certains rêves, qu'on se concentre sur notre motivation première, on réalise qu'il est possible de lier certains aspects du rêve avec la vie quotidienne. Par exemple, si vous souhaitez voyager partout dans le monde pour rencontrer des gens et découvrir de nouvelles cultures, il est possible de vous impliquer dans des organismes d'aide aux expatriés, pour rencontrer des personnes du monde entier dans votre propre pays !
C'est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante.
Paolo Coelho

4/ Travailler trop et ne pas avoir assez accordé de temps à mes proches

La société fonctionne de telle sorte que pour avoir de l'argent et vivre correctement, il faut travailler fort. Cependant, tout est question d'équilibre. Si l'on travaille dur dans l'espoir d'être tranquille plus tard, nous passons à côté de tous les moments importants de la vie avec nos proches. On s'en éloigne, et lorsque arrive le moment de profiter de ses proches avec cet argent accumulé, on réalise qu'il est parfois trop tard.

N'oubliez pas que le bonheur ne s'achète pas, qu'il est dans la façon de vivre chaque moment, d'être entouré et de prendre du temps pour soi.

5/ Garder contact et passer plus de temps avec mes amis

L'être humain est fait pour créer des interactions avec les autres. C'est dans ses gènes. Partager ses émotions, ses expériences de vie est une façon de grandir, de s'enrichir et de s'alléger également des préoccupations de la vie.
Tout seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin.
Proverbe africain

6/ Être plus honnête, envers moi-même et les autres

Les illusions sont parmi les plus grands fléaux chez les Hommes. Ainsi, reconnaître vos forces et vos faiblesses, pardonner, vous respecter, vous autoriser à être tel que vous êtes et non pas de la façon dont les autres aimeraient vous voir... sont autant de choses primordiales à apprendre.
La vie est un apprentissage de chaque instant !


7/ Dire plus souvent "Je t'aime"

La peur du rejet est souvent une des raisons pour lesquelles on n'arrive pas à ouvrir son cœur. Cependant, il y a mille façons d'aimer, et l'amour inconditionnel - sans rien attendre en retour - est le plus beau et aussi le plus rare.
La seule chose que nous apprend la mort, est qu'il est urgent d'aimer.
Eric Emmanuel Schmidt

8/ Exprimer mes sentiments au lieu de les garder pour moi

S'exprimer, c'est se respecter. Il est donc nécessaire de mettre de côté son ego et son orgueil pour éteindre les disputes, pardonner, et avancer.



À travers notre mission de "Passeurs d'Histoires", nous aimerions transmettre les témoignages de personnes ayant obtenu cette sagesse là, afin d'en faire bénéficier les plus jeunes générations, et les encourager à vivre ici et maintenant.





Source #1 et Source #2

lundi 6 avril 2015

10 bonnes raisons de faire écrire sa biographie


Que nous considérions notre vie comme ordinaire ou extraordinaire, raconter son histoire, c’est témoigner des moments que l’on a vécus. C’est parler de la pierre que l’on a apportée à l’édifice, et du grain que l’on a semé dans la terre. Bien qu'il y ait de nombreuses raisons de laisser une trace de votre vie par écrit, voici les dix que je trouve les meilleures.


1/ Transmettre à ceux que l'on aime

Qui d'entre-nous n'a jamais rêvé d'en savoir plus sur ses racines ? Connaître l'histoire de son arrière-arrière-grand-mère ? Savoir les sentiments de notre ancêtre lorsqu'il a immigré ? Découvrir comment vivaient nos grand-parents pendant la Grande Guerre ?

S'il est une des raisons principales d'écrire votre biographie, c'est de transmettre l'épopée familiale, les histoires de vie, les souvenirs, les savoir-faire (art, remèdes, recettes) que vous souhaitez transmettre à vos enfants, vos petits enfants, avant que la mémoire ne s'efface. C'est créer un lien indestructible entre les générations passées et futures, pour ne pas que se perde l'essence même de ce qui a construit votre famille.
Le savoir se perd avec celui qui néglige de le transmettre
Romain Guilleaumes 

2/ Témoigner 

Les écrits sont la meilleure solution pour léguer un témoignage, un savoir-faire, aussi bien à vos proches qu'à la société en général. C'est offrir un peu de soi pour contribuer à abreuver la mémoire collective des générations futures, autant à l'échelle de votre famille que de la société toute entière. Vos expériences de vie autant que vos pensées, vos émotions et vos commentaires peuvent être le témoignage d'une époque, d'une ville, d'un pays, et bien sûr de l'Histoire avec un grand H.


3/ Créer du lien

En partageant vos expériences de vie par écrit, vous allez inconsciemment créer un lien avec celui qui lira votre récit. Que ce soit demain, dans un an ou dans dix ans, ces écrits transporteront le lecteur dans une autre époque, une autre façon de vivre ou de penser, à travers vos yeux, votre histoire.


4/ Inspirer les gens

Que vous parliez de votre philosophie de vie, d'une expérience personnelle, d'une reconversion professionnelle, d'un combat contre une maladie ou un handicap, ou encore d'une étape difficile, vos témoignages seront toujours des sources d'inspiration pour ceux et celles qui vivent ou vivront des situations similaires. Partager c'est inspirer, mais aussi, c'est donner espoir en rappelant au lecteur la présence de forces intérieures qui n'attendent que de s'exprimer.


5/ Se connaître et se retrouver

Écrire sa biographie est une façon de prendre du recul sur sa vie et son parcours. C'est prendre le temps de s'aimer, de se pardonner, de s'accepter tel que l'on est... Poser vos expériences de vie sur papier vous permettra ainsi de vous retrouver et parfois même d'apprendre à vous connaître vous-même.


6/ Sourire aux souvenirs

Raconter votre histoire, c'est revivre les bons moments comme les plus difficiles, c'est remonter le temps et retrouver les personnes que l'on a aimées, c'est sourire au parcours que vous avez réalisé, c'est être fier de la personne que vous êtes devenue.
Ton souvenir est comme un livre bien-aimé,
Qu'on lit sans cesse, et qui n'est jamais refermé.
Albert Samain, écrivain


7/ Se soulager et guérir

Mettre des mots sur des maux, pour s’en détacher, en douceur. Obtenir le pardon d'une personne que l'on a fait souffrir. Donner des explications par rapport à nos choix de vie. Partager un secret de famille. Mettre tout cela par écrit vous permettra de faire la paix avec le passé, et vous soulager vous-même parfois autant que ceux qui liront ces quelques lignes.
A raconter ses maux, souvent on les soulage
Pierre Corneille, écrivain 


8 / Se dévoiler enfin

Pas toujours aisé de parler de soi à ses proches, de son histoire, ses expériences, et pourtant c'est souvent le genre de partage qu'ils aiment autant que cela vous fait du bien. Un écrit est un moyen d'expression qui fait sauter les barrières que la gêne a construit, tout en offrant une proximité exceptionnelle entre le conteur et le lecteur.



9 / Valoriser sa singularité

Quoiqu'on en dise, soyez certains que nous avons tous un parcours unique, des convictions propres et vous, autant que n'importe qui d'autre, mérite de mettre en avant sa singularité. En faisant rédiger votre biographie ou vos pensées personnelles, c'est cette unicité qui sera peinte avec vérité et passion.



10 / Pour de nombreuses autres raisons, mais surtout la vôtre 

Qu'il s'agisse d'un cadeau pour ses proches, d'une publication pour le plus grand nombre, ou même d'un projet d'écriture pour soi, chaque histoire de vie est unique et importante, et mérite la même attention et le même respect que n'importe quelle autre histoire.  


Portraits de Montréal


Sorti en 2014 aux éditions françaises Hikari dans la collection "Portraits de ville", l'ouvrage "Portraits de Montréal" est en partie à l'origine du projet des "Passeurs d'histoires". Ce livre regroupe les portraits de dix Montréalais d'origine ou d'adoption, des individus dont le seul point commun est l'amour qu'ils portent pour notre belle Montréal. (À noter que je l'ai rédigé en quelques semaines grâce à un mode opératoire identique à celui que nous proposons dans les Forfaits thématiques).

Ainsi, à travers dix parcours, dix histoires de vie, on découvre une ville dont la diversité lui confère son charme unique. À mi-chemin entre un recueil biographique et un guide touristique, "Portraits de Montréal" fait voyager le lecteur dans la métropole québécoise, à travers les yeux d'un accordéoniste-chanteur arrivé de France dans les années 80, d'un humoriste québécois à succès, d'une étudiante d'origine coréenne et bien d'autres... Je vous en propose quelques extraits ci-dessous.




Ce jour-là, il m’a encouragée à me rendre au casting pour Playboy, qui se tenait justement à Toronto le lendemain. Tous les responsables du magazine s’étaient déplacés et des centaines de filles avaient pris des rendez-vous depuis déjà longtemps. Le casting était booké à la minute près et pourtant, Paul a réussi à me trouver une place ! Je m’y suis donc présentée sans grande attente parce qu’on m’avait dit qu’il me faudrait patienter deux mois avant d’avoir une réponse, et surtout, la sélection était difficile au vu du nombre de filles qui tentaient leur chance ! Je me suis retrouvée devant les responsables du casting, me suis fait photographier, puis après quelques minutes, l’éditeur en chef s’est approché de moi, m’a serré la main et m’a dit : « Bienvenue dans la famille Playboy ». C’était tellement inattendu ! La fierté que j’ai ressentie à ce moment-là était folle. Je vivais l’un des plus beaux moments de ma vie et ce fut un tournant incontestable. Anne-Krystel Goyer, Styliste

Après être allé deux mois dans ma famille en France, je suis rentré à Montréal avec mon accordéon sous le bras, encouragé par un ami violoncelliste avec qui je devais faire quelques représentations. Ça a aussi coïncidé avec le fait que le métro de Montréal ouvre ses portes aux musiciens, c’était en 1982. J’ai tout de suite saisi cette opportunité et je me suis mis à jouer de l’accordéon dans les allées de la station McGill. Les premiers jours furent assez étourdissants car cette expérience était toute nouvelle pour moi : les passants s’arrêtaient, me regardaient jouer, me laissaient un peu d’argent ou même des petits mots adorables. Je me souviens même d’une dame qui m’avait écrit que j’étais sa « vraie joie du matin ». C’était touchant et bouleversant parce qu’en descendant dans le métro, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, et la réaction positive du public a été presque instantanée. Je me suis rendu compte que les passants étaient réceptifs à ce que je jouais.
Luc Lopez, Accordéoniste-chanteur

Je me suis tout de suite senti à l’aise dans cette atmosphère et j’ai dansé aux côtés de nombreuses drag-queens pendant presque trois ans, jusqu’à l’automne 2005. C’est alors qu’un ami m’a soumis l’idée de participer à un concours de drag-queens, le Star Search, organisé au Cabaret Mado, un bar de plus en plus populaire que Mado avait ouvert dans le Village. Ça m’amusait de tenter ma chance alors je m’y suis inscrit. Un ami a pu me maquiller, j’étais à l’aise sur scène et bon danseur donc j’ai fait mon numéro et au final… C’était sincèrement merdique ! Une catastrophe. Mais je le dis avec le recul que j’ai aujourd’hui parce qu’en réalité, sur le moment, j’avais vraiment adoré ça. C’était officiellement la première fois que Barbada mettait les pieds sur scène. J’avais choisi ce nom pour mettre en avant le côté clownesque, farfelu et pas trop sérieux de mon personnage, mais je faisais aussi un petit clin d’œil à mes origines car mon père, que je n’ai jamais connu, venait de la Barbade.
Sébastien Potvin, Enseignant, Drag-Queen, DJ

Pendant les deux premières années de mon garçon, je faisais encore du stand-up dans les bars et finalement, j’arrivais à gagner ma vie comme ça, bien que ce ne soit pas énorme. Je me souviens qu’à cette période, c’était toujours à l’heure du bain du petit qu’il fallait que je parte. Sa mère était à genoux dans la salle de bain en train de laver le petit, quand je devais annoncer que je m’en allais. Je roulais parfois plusieurs heures jusqu’au bar où je jouais, j’arrivais, je faisais trente minutes de blagues, on me donnait quelque chose comme 120 dollars, puis je rentrais chez moi. Sur le chemin du retour, je dépensais la moitié de cet argent en essence, je rentrais à la maison et je déposais ce qui restait sur le comptoir. En clair, je manquais de belles soirées avec ma femme et mon fils pour seulement 60 dollars. Tout cela est vite devenu de plus en plus difficile pour moi.
Jonathan Roberge, Humoriste


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